31 août 2020
Pourquoi faut-il se syndiquer ?
31 août 2020
Sommaire

1. A quoi sert un syndicat ?

2. Rompre l’isolement

3. S’organiser

4. Agir collectivement

5. Construire un rap­port de force

6. A quoi sert la cotisation ?

7. Le lien entre syn­di­ca­li­sa­tion et condi­tions de vie

8. Se syn­di­quer... mais pas n'importe où !

Un sen­ti­ment géné­ral d'aversion à l'égard des syn­di­cats hante la socié­té fran­çaise depuis la fin des années 1970. Cette déser­tion du ter­rain syn­di­cal s'accompagne indis­so­cia­ble­ment d'une dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail et de vie. Il y a urgence à renouer avec des syn­di­cats de trans­for­ma­tion sociale.

La liber­té syn­di­cale a été recon­nue en France par la loi dite Waldeck-Rousseau de 1884. Le droit d’adhérer à un syn­di­cat et de défendre ses droits et ses inté­rêts par l’action syn­di­cale a ensuite été réaf­fir­mé dans le pré­am­bule de la Constitution de 1946 auquel se réfère le pré­am­bule de la Constitution de 1958 actuel­le­ment en vigueur. Il s’agit donc d’un droit fondamental.

A quoi sert un syndicat ?

Un syn­di­cat est une asso­cia­tion de per­sonnes dont l’objectif est la défense d’intérêts pro­fes­sion­nels com­muns. Il a pour objet exclu­sif l’étude et la défense des droits, ain­si que des inté­rêts maté­riels et moraux, col­lec­tifs et indi­vi­duels des per­sonnes visées par ses statuts.

Un syn­di­cat de salariéEs est une orga­ni­sa­tion com­po­sée uni­que­ment de salariéEs. Il vise donc non seule­ment à défendre indi­vi­duel­le­ment les salariéEs, mais sur­tout à défendre nos droits et inté­rêts touTEs ensemble, col­lec­ti­ve­ment, afin d’avoir plus de poids.

Cette défense des droits et des inté­rêts des salariéEs s’exerce sur plu­sieurs plans, selon diverses moda­li­tés, par un tra­vail quotidien.

Informer
Les syn­di­cats de salariéEs assurent d’abord un rôle de com­mu­ni­ca­tion impor­tant au sein de l’entreprise : en trans­met­tant aux salariéEs les infor­ma­tions obte­nues notam­ment lors des réunions des divers organes pari­taires, ou encore en les infor­mant sur leurs droits indi­vi­duels. Pour ce faire, les syn­di­cats d’une part pro­duisent, dif­fusent et affichent tracts, com­mu­ni­qués et autres bul­le­tins, et d’autre part assurent des per­ma­nences pour répondre aux ques­tions des salariéEs.

Former
Les syn­di­cats de salariéEs orga­nisent des stages de for­ma­tion, de tous niveaux, tout au long de l’année, à des­ti­na­tion non seule­ment des adhérentEs du syn­di­cat, mais éga­le­ment de l’ensemble des salariéEs, afin que chacunE dis­pose des connais­sances néces­saires pour exer­cer ses droits.

Représenter
UnE syn­di­ca­liste au sein de l’entreprise peut être unE simple salariéE adhérentE d’un syn­di­cat. Mais il ou elle peut éga­le­ment dis­po­ser de man­dats pré­cis, pour l’exercice des­quels il ou elle dis­pose d’un cré­dit d’heures de délé­ga­tion. Selon le man­dat, il ou elle peut por­ter la parole du syn­di­cat au sein de l’entreprise : c’est le rôle du délé­gué syn­di­cal, dési­gné par le syn­di­cat ; il ou elle peut éga­le­ment por­ter la parole des salariéEs : c’est le rôle du repré­sen­tant du per­son­nel, élu lors des élec­tions pro­fes­sion­nelles. Les représentantEs du per­son­nel sont chargéEs entre autres des récla­ma­tions indi­vi­duelles et col­lec­tives des salariéEs, mais ils ou elles ne peuvent pas négo­cier avec l’employeur, à la dif­fé­rence des délé­gués syn­di­caux. Ils ou elles par­ti­cipent au Comité Social et Economique (CSE) de l’entreprise qui se réunit au moins une fois par mois avec la direc­tion de l’entreprise. Il y est régu­liè­re­ment recueilli par l’employeur leurs avis sur des ques­tions éco­no­miques, de san­té et condi­tions de tra­vail ou de stra­té­gie de l’entreprise. Pour ce faire, ils ou elles ont la pos­si­bi­li­té de recou­rir à un expert extérieur.

Enquêter, Alerter
Les syn­di­cats de salariéEs sont ame­nés le cas échéant à mener des « enquêtes » lorsque les condi­tions de tra­vail dans l’entreprise laissent à pen­ser que les dis­po­si­tions légales ou conven­tion­nelles ne sont pas res­pec­tées par l’employeur. De même, ils se chargent d’alerter l’employeur lorsqu’ils constatent des dan­gers par le fait ou à l’occasion du tra­vail, ou des man­que­ments dans l’application du droit du tra­vail. Afin de légi­ti­mer leurs actions, ils sont en lien régu­lier avec l’inspection du tra­vail et la méde­cine du travail.

Soutenir, Défendre
Dans les cas de conflits indi­vi­duels entre l’employeur et unE salariéE, les syn­di­cats de salariéEs peuvent accom­pa­gner le ou la salariéE à des entre­tiens, défendre ses inté­rêts auprès des ins­tances hié­rar­chiques, éven­tuel­le­ment faire lever une sanc­tion. Pour la défense de cas col­lec­tifs, que ce soit un groupe de salariéEs ou l’ensemble des salariéEs, le syn­di­cat per­met de mener des actions effi­caces et orga­ni­sées, et d’intervenir auprès de l’employeur ou de l’Etat.

Ester en jus­tice
Les syn­di­cats, en tant que per­sonne morale, peuvent por­ter des litiges devant la jus­tice com­pé­tente, que ce soit pour défendre les droits et les inté­rêts d’unE salariéE indi­vi­duel­le­ment ou de touTEs col­lec­ti­ve­ment. Une com­mis­sion de juristes au sein des syn­di­cats se charge d’étudier et de trai­ter les dossiers.

Revendiquer
En lien avec les salariéEs, les syn­di­cats de salariéEs éla­borent et portent des cahiers de reven­di­ca­tions afin d’améliorer la qua­li­té de l’entreprise, les condi­tions de tra­vail, de rému­né­ra­tion, etc., d’obtenir de nou­veaux droits et de défendre ceux déjà acquis. Pour ce faire, les syndiquéEs débattent, décident et inter­viennent auprès de l’employeur, d’une loca­li­té ou de l’Etat, au niveau de l’entreprise, de la branche pro­fes­sion­nelle ou au plan interprofessionnel.

Négocier
Les syn­di­cats sont aus­si des acteurs du dia­logue entre l’État, les employeurs et les salariéEs. Les syn­di­cats recon­nus comme repré­sen­ta­tifs dans leur sec­teur d’activité peuvent en effet signer avec l’État ou le patro­nat des conven­tions col­lec­tives qui règlent les condi­tions de tra­vail pour l’ensemble des salariéEs. A tra­vers la négo­cia­tion, les syn­di­cats défendent les droits et les inté­rêts de leurs adhérentEs. Il existe dif­fé­rents niveaux de négo­cia­tion : accords natio­naux inter­pro­fes­sion­nels ou de branche d’activité, accords au niveau de l’entreprise ou d’un regrou­pe­ment de petits établissements.

Rompre l’isolement

Se syn­di­quer, c’est d’abord rompre l’isolement. Dans de nom­breux métiers, les salariéEs sont seulEs durant leur jour­née de ser­vice. Les contacts avec les col­lègues sont rares et/ou brefs. Ces condi­tions ne faci­litent pas les échanges. La plu­part des salariéEs vivent leur tra­vail dans la soli­tude ; ce qui a, soit dit en pas­sant, des effets non négli­geables, plus ou moins conscients, sur la san­té psy­cho­lo­gique à long terme.

En adhé­rant à un syn­di­cat, on rejoint une équipe, un col­lec­tif d’amiEs. On construit des soli­da­ri­tés en toute confiance avec des col­lègues sur qui on est cer­tain de pou­voir comp­ter. Par des réunions régu­lières et/ou des échanges à dis­tance entre les membres, le syn­di­cat per­met de par­ta­ger sa vie de tra­vail avec des col­lègues qui vivent sen­si­ble­ment la même chose. La vie de labeur s’en trouve lar­ge­ment plus sup­por­table sur le long terme.

Les employeurs sont syn­di­qués, orga­ni­sés, unis, par le biais de syn­di­cats ou orga­ni­sa­tions patro­nales (par exemple le MEDEF, ou l’UTP dans la branche fer­ro­viaire). Ils ont com­pris que s’unir est le moyen le plus effi­cace pour défendre leurs inté­rêts. Car dans une socié­té capi­ta­liste, le tra­vail est un rap­port social dans lequel l’employeur achète la force de tra­vail des sala­riés pour accu­mu­ler des pro­fits. Il fera tout ce qui est en son pou­voir pour opti­mi­ser au maxi­mum l’exploitation de la force de tra­vail : ses inté­rêts visent à réduire au maxi­mum les « coûts » géné­rés par la force de tra­vail (salaires, condi­tions de tra­vail, etc.), d’augmenter au maxi­mum la « pro­duc­ti­vi­té » (que le ou la salariéE pro­duise le plus pos­sible en un mini­mum de temps), afin d’augmenter au maxi­mum son taux de pro­fit. Régulièrement, les salariéEs sont pousséEs à dépas­ser le cadre légal du droit du tra­vail, met­tant leur vie ou leur san­té phy­sique ou morale en dan­ger, rognant sur leur temps libre, pour satis­faire les exi­gences capi­ta­listes de l’employeur.

Dans ce contexte, les salariéEs isoléEs sont des « proies faciles » pour ser­vir les inté­rêts de l’employeur. Isolé, on est beau­coup plus ser­vile, mal­léable, et donc abu­sé. RegroupéEs, soudéEs, uniEs au sein d’un syn­di­cat, les salariéEs peuvent beau­coup plus faci­le­ment et effi­ca­ce­ment refu­ser les abus, défendre leurs inté­rêts que sont la san­té, la sécu­ri­té, de bonnes condi­tions de tra­vail, de bonnes rému­né­ra­tions, etc. Ce n’est pas un hasard si les employeurs n’apprécient pas les syn­di­cats : les inté­rêts des pre­miers sont dia­mé­tra­le­ment oppo­sés à ceux des seconds.

Se syn­di­quer, c’est se don­ner tous les moyens d’être défen­du au mieux en cas de litige avec l’employeur. Pour la défense de cas indi­vi­duels, être syn­di­qué per­met d’avoir le sou­tien maté­riel et moral des autres membres de l’organisation syn­di­cale. Avec le sou­tien col­lec­tif des membres du syn­di­cat, unE salariéE syndiquéE se sort tou­jours mieux de situa­tions com­pli­quées qu’unE salariéE isoléE.

Par ailleurs, faire par­tie d'un syn­di­cat offre une pro­tec­tion col­lec­tive. En tant que per­sonne morale, le syn­di­cat peut prendre la res­pon­sa­bi­li­té en lieu et place des per­sonnes phy­siques qui com­posent le syn­di­cat. Cette facul­té per­met au ou à la salariéE syndiquéE de ne pas subir seulE un affron­te­ment avec l’employeur, comme sont contraintEs de le faire les salariéEs isoléEs, ce qui peut nuire aux rela­tions ulté­rieures et aux éven­tuelles pers­pec­tives d’évolution dans l’entreprise. En cas de conflit, c’est le syn­di­cat qui prend la charge de régler le conflit via ses représentantEs.

S’organiser

Se syn­di­quer, c’est rejoindre une « orga­ni­sa­tion » syn­di­cale : c’est s’organiser. Les syn­di­cats de salariéEs sont géné­ra­le­ment orga­ni­sés de la manière suivante :

- Au niveau de l’entreprise, le syn­di­cat s’organise en « sec­tion syn­di­cale ». Il s’agit de la cel­lule de base du syn­di­cat, la plus proche du ter­rain et des réa­li­tés concrètes. La sec­tion syn­di­cale est locale dans une entre­prise locale ou natio­nale dans une entre­prise natio­nale (par exemple SUD-Rail Captrain, ou SUD-Rail SNCF, etc.) ;

- Au niveau local, le syn­di­cat s’organise en ins­tance de proxi­mi­té au niveau d’une ville ou d’un arron­dis­se­ment, et en ins­tance dépar­te­men­tale et régio­nale, notam­ment à tra­vers l’« union » syn­di­cale (par exemple SUD-Rail Marseille, ou SUD-Rail PACA, etc.) ;

- Au niveau natio­nal, la « fédé­ra­tion » syn­di­cale regroupe l’ensemble des ins­tances syn­di­cales de la branche pro­fes­sion­nelle (par exemple, la fédé­ra­tion SUD-Rail qui regroupe toutes les ins­tances syn­di­cales SUD de la branche fer­ro­viaire, ou SUD-Santé celles de la branche des ser­vices de san­té, etc.) ;

- Au niveau natio­nal encore, la « confé­dé­ra­tion » syn­di­cale regroupe l’ensemble des fédé­ra­tions pro­fes­sion­nelles (par exemple l’Union syn­di­cale Solidaires regroupe SUD-Rail, SUD-Santé, SUD-Télécom, etc.).

TouTEs les membres de ces dif­fé­rentes ins­tances sont éluEs, que ce soit au sein des ins­tances par les adhérentEs, ou sur la base des résul­tats des élec­tions pro­fes­sion­nelles en entre­prise. Les syn­di­cats de salariéEs assurent donc la défense col­lec­tive et indi­vi­duelle des inté­rêts des salariéEs, aus­si bien à l’échelle de l’entreprise, qu’au niveau natio­nal au sein du sec­teur pro­fes­sion­nel et au niveau de la classe sala­riée interprofessionnelle.

Se syn­di­quer, c’est donc prendre sa place au sein d’une struc­ture, se mettre en lien avec les membres de sa sec­tion, dis­cu­ter, débattre, déci­der pour agir d’un seul corps de manière concer­tée et coor­don­née. Cette orga­ni­sa­tion per­met l’efficacité dans la durée, afin d’agir de façon rai­son­née selon un prin­cipe démocratique.

Agir col­lec­ti­ve­ment

Se syn­di­quer, c’est s’organiser pour agir col­lec­ti­ve­ment. Parce que seul, on ne peut pas faire grand-chose, « l’union fait la force ». Le syn­di­cat fait nombre. Plus il compte d’adhérentEs, plus il est puis­sant : plus il peut agir pour défendre les droits et les inté­rêts des salariéEs. 

Les membres d’un syn­di­cat de salariéEs agissent sur l’ensemble des mis­sions du syn­di­cat énon­cées plus haut : être constam­ment vigi­lant sur les condi­tions de tra­vail, être proche de ses col­lègues de tra­vail et sou­cieux de leur bien-être, faire remon­ter au syn­di­cat les réa­li­tés du ter­rain, pro­duire des com­mu­ni­ca­tions, for­mer ou se for­mer pour connaître la régle­men­ta­tion, ali­men­ter les ins­tances de repré­sen­ta­tion du per­son­nel, assis­ter ses col­lègues en cas de besoin, pro­po­ser des amé­lio­ra­tions des condi­tions de tra­vail, don­ner son avis lors des négo­cia­tions d’accords. 

Chaque adhérentE four­nit l’investissement qu’il ou elle sou­haite : la plu­part du temps, dépourvuE de man­dat, il ou elle peut se conten­ter de sim­ple­ment don­ner son avis lors des prises de déci­sions, ou même se conten­ter de seule­ment rece­voir les infor­ma­tions et les échanges. Mais lors d’actions col­lec­tives, touTEs les syndiquéEs se mobi­lisent, ce qui fait du syn­di­cat un outil redou­table (et redou­té par le patronat). 

En cas de conflit avec l’employeur ou les pou­voirs publics, les syn­di­cats peuvent enga­ger toutes sortes d’actions de pro­tes­ta­tion : grèves, mani­fes­ta­tions, péti­tions, etc. C’est tou­jours le nombre de participantEs qui déter­mine l’issue favo­rable ou non du conflit. 

Les acquis sociaux dont la socié­té fran­çaise peut jouir encore aujourd’hui (les congés payés n’existent que depuis les « grèves joyeuses » de 1936 !) sont le fruit de l’histoire du mou­ve­ment ouvrier qui, par ses syn­di­cats, n’a ces­sé de mener des luttes, d’agir collectivement.

Construire un rap­port de force

Se syn­di­quer, c’est per­mettre de se comp­ter, d’évaluer le rap­port de force pour déter­mi­ner la nature des actions à mener pour défendre ses inté­rêts et faire abou­tir ses revendications.

Bon nombre de salariéEs pensent inutile de se syn­di­quer, puisque rien ne les empêche de par­ti­ci­per aux actions col­lec­tives. Pourtant, com­ment déci­der d’une action col­lec­tive autre­ment qu’en mesu­rant les forces cer­taines dont on dispose ?

Les salariéEs isoléEs se disant plein de bonne volon­té pour défendre leurs inté­rêts ne per­mettent pas de garan­tir a prio­ri la réus­site d’une action, puisque par défi­ni­tion, on ne peut savoir s’ils par­ti­ci­pe­ront. Littéralement, on ne peut par anti­ci­pa­tion « comp­ter » sur elles ou eux. Les syndiquéEs, au contraire, du fait de leur adhé­sion, sont une confiance dans l’engagement : on sait que l’on peut comp­ter sur elles ou eux. Une entre­prise qui compte très peu de syndiquéEs est une entre­prise sans his­toire syn­di­cale, où peu de choses seront gagnées par les salariéEs, parce que très peu d’actions pour­ront être tentées.

Se syn­di­quer, c’est s’engager à construire un rap­port de force sur le long terme, par le nombre, de manière à peser sur la vie de l’entreprise, ce lieu où l’on passe près d’un quart de notre temps de vie heb­do­ma­daire à pro­duire l’intégralité de ses richesses, et où l’on a par consé­quent notre mot à dire. En règle géné­rale, seul un rap­port de force peut faire plier un employeur qui, sans cela, n’a aucune rai­son d’être complaisant.

A quoi sert la cotisation ?

Se syn­di­quer, c'est adhé­rer à un syn­di­cat. On adhère à un syn­di­cat lorsqu'on s'engage à lui ver­ser une coti­sa­tion men­suelle. Cette coti­sa­tion d'une part ouvre droit à un cer­tain nombre de droits, et d'autre part per­met le fonc­tion­ne­ment maté­riel du syndicat.

Elle per­met éga­le­ment d’établir la confiance en la struc­ture au sens où elle empêche n’importe qui de s’immiscer dans le syn­di­cat pour lui nuire volon­tai­re­ment, ten­ter de le faire « explo­ser », avant de repar­tir. Verser de l’argent, c’est assu­rer les autres membres de son engagement.

- Adhérer par le ver­se­ment d’une coti­sa­tion, c'est se don­ner la pos­si­bi­li­té de prendre part aux déci­sions du syn­di­cat : dire son mot lors de la pro­duc­tion des com­mu­ni­ca­tions, avant les réunions du CSE, avant les réunions de négo­cia­tions d’accords qui vont déter­mi­ner les droits, les salaires, les condi­tions de tra­vail dans l’entreprise, lors de la défi­ni­tion des reven­di­ca­tions, lors des débats stra­té­giques, etc. C’est en somme avoir le droit de prendre part aux orien­ta­tions du syndicat.

- La coti­sa­tion donne accès à bon nombre d’informations du syn­di­cat : elle per­met d’être mieux infor­mé qu’unE salariéE isoléE.

- Elle donne droit gratuitement aux for­ma­tions orga­ni­sées par le syn­di­cat, que l’on ait un man­dat ou non.

- Elle donne droit de bri­guer un man­dat au nom du syndicat.

- Elle donne droit à la com­pen­sa­tion finan­cière d’une par­tie du salaire per­du lors de grèves.

- Elle per­met que les frais d’avocat en cas de pro­cé­dure judi­caire soient pris en charge par le syn­di­cat et non par le ou la syndiquéE qui fait valoir ses droits (valable à par­tir de 6 mois d'adhésion).

- Elle donne droit d’accès au local du syndicat.

- Elle per­met d’imprimer gratuitement des tracts au local du syndicat.

- Elle per­met de finan­cer les actions entre­prises par le syndicat.

La coti­sa­tion syn­di­cale ver­sée par le ou la syndiquéE maté­ria­lise son appar­te­nance au syn­di­cat et consti­tue un élé­ment vital au finan­ce­ment de l’activité de tout le syn­di­cat, de la sec­tion qui mène son action dans l’entreprise jusqu’à la confé­dé­ra­tion. Elle garan­tit l’indépendance du syn­di­cat à l’égard du patro­nat et des pou­voirs publics.

La coti­sa­tion est déduc­tible des impôts à hau­teur de 66% et chaque syndiquéE reçoit un reçu de décla­ra­tion fis­cale. Pour une coti­sa­tion men­suelle de 9 euros par exemple, 5,94 euros sont rem­bour­sés par l’administration fis­cale. Autrement dit, sur 108 euros ver­sés dans l’année, 71,28 euros sont remboursés.

Le lien entre syn­di­ca­li­sa­tion et condi­tions de vie

Il y a un lien inhé­rent entre taux de syn­di­ca­li­sa­tion et poli­tiques sociales dans un même pays. Plus les salariéEs se syn­diquent, c’est-à-dire s’organisent et agissent pour défendre leurs inté­rêts dans le sens d’une amé­lio­ra­tion de leurs condi­tions de tra­vail, plus les condi­tions de vie géné­rales du pays s’améliorent. 

La France est un exemple assez frap­pant à cet égard. Avec un taux de syn­di­ca­li­sa­tion impor­tant en sor­tie immé­diate de la Seconde Guerre mon­diale (plus de 30% des tra­vailleuses et tra­vailleurs sont syndiquéEs en 1946), la classe ouvrière obtient par exemple en 6 mois un colos­sal sys­tème géné­ral de sécu­ri­té sociale com­plè­te­ment géré par les salariéEs. Santé et sécu­ri­té du bien-être face aux acci­dents de la vie, la mala­die ou la vieillesse, sont dès lors garan­ties pour l’ensemble de la popu­la­tion. A par­tir de la fin des années 1970, le repli indi­vi­duel, le sacre idéo­lo­gique de « l’individu-roi », qui va de pair avec l’abandon pro­gres­sif de la vie col­lec­tive, des luttes col­lec­tives et donc des orga­ni­sa­tions syn­di­cales dans le monde du tra­vail (envi­ron 11% des tra­vailleuses et tra­vailleurs sont syndiquéEs en 1985), laissent un espace ines­pé­ré à une offen­sive patro­nale his­to­rique, géné­rant un régime nou­veau de capi­ta­lisme connu sous le nom de néo­li­bé­ra­lisme. A cette nou­velle phase du capi­ta­lisme sont atta­chés notam­ment la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, les délo­ca­li­sa­tions, la finan­cia­ri­sa­tion, les pri­va­ti­sa­tions (la des­truc­tion des ser­vices publics), et donc le chô­mage de masse, l’augmentation des inéga­li­tés, du taux de pau­vre­té, de la misère sociale, etc.

Sources : Séries longues, DARES, octobre 2018.

L’une des prin­ci­pales causes de mau­vaises condi­tions de vie dans un pays tient notam­ment aux inéga­li­tés sociales, à un écart de salaires expo­nen­tiel entre les reve­nus les plus hauts et ceux les plus bas – pour la simple et bonne rai­son que, l’argent étant limi­té, pour faire des hauts reve­nus il faut prendre aux autres et donc fabri­quer des bas reve­nus. Or les luttes syn­di­cales contri­buent pour l’essentiel à résor­ber un tel écart, en main­te­nant un pla­fond rai­son­nable des hauts reve­nus de manière à main­te­nir un plan­cher rai­son­nable des bas reve­nus. De ce point de vue, l’exemple des États-Unis est par­ti­cu­liè­re­ment frappant.

Se syn­di­quer, c’est donc avant tout s’engager dans la lutte des classes. En tant que salariéE, c’est choi­sir de s’unir au camp des tra­vailleuses et tra­vailleurs en vue d’œuvrer, à sa petite échelle, à l’amélioration des condi­tions de vie de l’ensemble de notre classe sociale. C’est s’organiser pour défendre nos droits conquis de hautes luttes dans l’histoire et en conqué­rir d’autres pour l’avenir, dans l’intérêt d’une vie meilleure pour nous et pour nos enfants.

Se syn­di­quer... mais pas n'importe où ! 

Il existe toutes sortes d’organisations syn­di­cales. On peut gros­siè­re­ment en dis­tin­guer trois types.

Les syn­di­cats patro­naux d’abord, com­po­sés des employeurs, s’organisent pour défendre leurs inté­rêts capi­ta­listes. Ils sont peu nom­breux, peu diver­si­fiés, et comptent énor­mé­ment d’adhérentEs.

Les syn­di­cats de salariéEs, pour leur part, sont mul­tiples et peuvent gros­siè­re­ment être dis­tin­gués en deux types. Les syn­di­cats réfor­mistes, d’un côté, prompts à ser­vir les inté­rêts patro­naux en accep­tant la dégra­da­tion des droits et condi­tions de tra­vail des salariéEs, s’attachent à pré­ser­ver le modèle capi­ta­liste en le main­te­nant sim­ple­ment à la limite du sup­por­table : comme le patro­nat, ils s’attachent à adap­ter l’être humain à la « norme » économique.

Les syn­di­cats de trans­for­ma­tion sociale, de l’autre côté, sont déter­mi­nés à œuvrer autant que faire se peut pour trans­for­mer les fon­de­ments même de la socié­té dans ses rap­ports de pro­duc­tion. Santé, sécu­ri­té, bonnes condi­tions de tra­vail, temps de loi­sirs et de repos, démo­cra­tie dans l’entreprise, bien-être au tra­vail, sont les cri­tères sine qua none : à l’inverse, ils s’attachent à adap­ter la « norme » éco­no­mique à l’être humain.

SUD-Rail est un syn­di­cat de trans­for­ma­tion sociale. Il se dis­tingue par son fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique (ce sont les adhérentEs qui font le syn­di­cat), qui résiste à la for­ma­tion d’une éven­tuelle bureau­cra­tie en son sein, et ses valeurs pro­fondes de lutte pour un monde éco­lo­giste, contre les dis­cri­mi­na­tions, pour l’égalité des droits – le fémi­nisme, l’antiracisme, l'antifascisme, l’antihomophobie, l’intégration des per­sonnes han­di­ca­pées, etc. – fon­dées sur un com­bat glo­bal contre la domi­na­tion capi­ta­liste et la toute-puissance du patro­nat, ani­mé par un idéal de recon­nais­sance du pou­voir des pro­duc­teurs, à savoir les salariéEs du rail, qu’il s’agit d’auto-émanciper.

Il va sans dire que faire le choix de rejoindre SUD-Rail, c’est avant tout faire le choix du par­tage de ces valeurs.

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* Article modi­fié le 01/01/2021 : Suite au chan­ge­ment de nom de l'entreprise au 01/01/2021, les occur­rences de "SUD-Rail VFLI" ont été rem­pla­cées par "SUD-Rail Captrain".

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L’accord d'accompagnement à la mobilité

L’accord d'accompagnement à la mobilité

Depuis le 1er jan­vier 2022, un nou­vel accord d’entreprise est entré en vigueur chez Captrain France. Il concerne l’accompagnement à la mobi­li­té géo­gra­phique. Dans un monde fer­ro­viaire sou­mis à la concur­rence for­cée, et donc à la pré­ca­ri­té des contrats, la mobi­li­té toute France impo­sée est une consé­quence vouée à s’accroître, avec toutes les contraintes qu’elle implique sur la vie des salariéEs concernéEs. Cet accord apporte quelques garan­ties sociales pour faire face à ces situations.

Le droit aux congés payés annuels

Le droit aux congés payés annuels

L’Article L. 3141-1 du code du tra­vail pré­voit que « tout sala­rié a droit chaque année à un congé payé à la charge de l'employeur ». Mais com­bien ? Quand ? Comment ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce droit aux congés payés annuels chez Captrain France.

Primes et indemnités chez Captrain France

Primes et indemnités chez Captrain France

Un doute sur le mon­tant qui figure sur le bul­le­tin de paie ? Pas le temps de reprendre dans le détail les accords d'entreprise ? Voici un tableau réca­pi­tu­la­tif, syn­thé­tique et très pra­tique, qui reprend les dif­fé­rents élé­ments variables de salaire (EVS) et frais pro­fes­sion­nels, pour nous per­mettre de véri­fier en un clin d’œil ce qu'on nous doit. 

Le droit d’accès au dossier professionnel

Le droit d’accès au dossier professionnel

A l'heure où le numé­rique devient l'outil domi­nant d'organisation de nos socié­tés, la pro­tec­tion des don­nées per­son­nelles devient un enjeu essen­tiel pour pré­ser­ver cer­taines de nos liber­tés fon­da­men­tales. Dans le monde du tra­vail, l'accès au dos­sier pro­fes­sion­nel fait par­tie de ses enjeux.

Protocole congés 2021 : Déclaration de la délégation SUD-Rail

Protocole congés 2021 : Déclaration de la délégation SUD-Rail

Ce 25 février 2021 se tenait une réunion ordi­naire du CSE de Captrain France. Suite à l'entrée en vigueur du pro­to­cole congés 2021, qui a fait l'objet d'un tract SUD-Rail, voi­ci la décla­ra­tion de la délé­ga­tion des éluEs SUD-Rail au CSE, qui a été lue en séance et qui sera annexée au pro­cès verbal.

Vers la fin de l’intéressement ?

Vers la fin de l’intéressement ?

Actuellement se tiennent dans l'entreprise des négo­cia­tions entre la direc­tion et les orga­ni­sa­tions syn­di­cales concer­nant un nou­vel accord d'intéressement. Au-delà du fait que l'intéressement est par défi­ni­tion syno­nyme de salaire et de droits sociaux en moins, la direc­tion veut trans­for­mer radi­ca­le­ment les accords pré­cé­dents, de sorte que les éven­tuels inté­res­se­ments futurs seraient réduits à peau de cha­grin. Explications.

Le droit de pause

Le droit de pause

Certains droits sala­riaux sont impor­tants du fait de leur intri­ca­tion avec les ques­tions de sécu­ri­té, en par­ti­cu­lier dans le monde fer­ro­viaire. Et pour­tant ils ne sont habi­tuel­le­ment que trop peu sou­vent exer­cés, parce que mécon­nus. C'est le cas notam­ment du droit de pause. Voici ce qu'il faut savoir sur ce droit.

Chaque salarié.e a droit à 12 jours par an de congés de formation

Chaque salarié.e a droit à 12 jours par an de congés de formation

Pour se défendre au tra­vail, il faut être armé : connaître ses droits et les moyens mis à notre dis­po­si­tion par le code du tra­vail, les conven­tions col­lec­tives, les accords de branche et d'entreprise. La for­ma­tion est indis­pen­sable pour acqué­rir ces connaissances.

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Photo de Dylan Gillis sur Unsplash