1 juillet 2020
VFLI DEVIENDRA CAPTRAIN FRANCE !
1 juillet 2020
Sommaire

1. Pourquoi un tel changement ?

2. Ce qui va changer

3. La direc­tion s'engage

4. Restons vigilants !

Le 1er mars 2020, Frédéric Delorme pre­nait la tête de TFMM (Transport Ferroviaire Multimodal de Marchandises), l’entité de SNCF Logistics dont fait par­tie VFLI. Le 10 juin 2020, il annon­çait la déci­sion de renom­mer VFLI en CAPTRAIN FRANCE à comp­ter du 1er jan­vier 2021.
La direc­tion de VFLI, sans consul­ter le CSE qu’elle a main­te­nu dans l’ignorance totale tout au long de ces dis­cus­sions au sein du Groupe SNCF, com­mu­ni­quait le 11 juin à l’ensemble des salariéEs cette nou­velle, à la sur­prise géné­rale, en annon­çant qu’Alain Ribat, actuel pré­sident de VFLI, serait rem­pla­cé par Stéphane Derlincourt, direc­teur de Fret Combi Express chez Fret SNCF, dès ce 1er juillet 2020.
Il aura donc fal­lu attendre la réunion du CSE du 25 juin 2020 pour avoir quelques infor­ma­tions sur ce sou­dain « chan­ge­ment de nom ».

Pourquoi un tel changement ?

Selon la direc­tion, cette déci­sion s'inscrit dans la volon­té d’une part de don­ner un nou­veau souffle à VFLI en élar­gis­sant son ter­rain de jeu vers l'international, et d’autre part de cla­ri­fier un cer­tain nombre de marques au sein de TFMM.

  • Aujourd'hui, l'international chez VFLI, c'est à peine 6% du chiffre d'affaires : il y a donc une marge de manœuvres pour conqué­rir des « parts de mar­ché » dans ce domaine.
  • Des clients sou­haitent être accom­pa­gnés pour des tra­fics de la France vers un pays limi­trophe. Pour les satis­faire, ce sera plus facile à gérer en lien avec une filiale CAPTRAIN européenne.
  • Cette nou­velle enver­gure per­met­tra de conti­nuer à prendre des « parts de mar­ché » à la « concur­rence », que ce soit en France et en Europe, ou que ce soit à la « concur­rence » fer­ro­viaire hors Groupe SNCF et la route.
  • La marque VFLI est tota­le­ment incon­nue à l'étranger. Demain, il sera plus facile de dire qu'on s'appelle CAPTRAIN parce que CAPTRAIN est une marque connue.
  • La marque VFLI (Voies Ferrées Locales et Industrielles) n'est plus conforme à la réa­li­té d'aujourd'hui qui ne se limite plus à des trains locaux dans les Landes ou dans le Morvan, qui ne se limite plus seule­ment au domaine de l'industrie, mais qui a vu son péri­mètre d’intervention s’étendre largement.
  • Ce chan­ge­ment de nom per­met­tra d’être mieux iden­ti­fiable au sein même de la SNCF. VFLI est connue mais pas for­cé­ment très bien iden­ti­fiée. CAPTRAIN est plus connu à l'intérieur du Groupe SNCF.
  • Ce chan­ge­ment de nom per­met­tra à l’entreprise de béné­fi­cier des efforts de mar­ke­ting et de com­mu­ni­ca­tion qui sont mis en place par les autres membres du réseau CAPTRAIN : il est plus simple de pous­ser la noto­rié­té d'une seule marque.
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CAPTRAIN est une marque inter­na­tio­nale de trans­port de fret de la SNCF. Il s’agit d’un ensemble de socié­tés filiales du péri­mètre de TFMM qui, sans for­mer un groupe, ont toutes cette même marque. C'est la marque que la SNCF s'est choi­sie il y a quelques années pour faire valoir son acti­vi­té de trans­port de fret fer­ro­viaire à l'étranger. Ce réseau CAPTRAIN est implan­té dans 12 pays (et donc bien­tôt en France avec CAPTRAIN France), et se concentre sur les prin­ci­paux cor­ri­dors euro­péens de fret fer­ro­viaire qui génèrent le plus de profits.

Ce qui va changer

Selon la direc­tion, il ne s’agit pas d’un rachat, ni d’une fusion, ni d’une faillite : il s’agit sim­ple­ment d’un chan­ge­ment de nom. Seules la rai­son sociale et la marque vont changer.

  • Evidemment, le flo­cage des loco­mo­tives, des voi­tures, des enseignes et autres, chan­ge­ront aussi.
  • Au niveau des tra­fics, les salariéEs seront amenéEs à tra­vailler davan­tage sur des flux internationaux.
  • Concrètement, la direc­tion se dit prête à se don­ner les moyens de déve­lop­per l'usage des langues étran­gères dans l’entreprise, c’est-à-dire à mettre l’accent sur la for­ma­tion aux langues et à recru­ter dans le futur des salariéEs plus à l'aise avec la pra­tique des langues étrangères.
  • Devront se déve­lop­per éga­le­ment les loco­mo­tives inter-opérables. Certaines loco­mo­tives de l’entreprise, quelques Euro4000 et futures loco­mo­tives Euro4001 qui seront reçues en début d'année pro­chaine, sont déjà inter-opérables vers cer­tains pays. Mais l’entreprise devra déve­lop­per un parc d'engins moteurs qui puissent tra­ver­ser cer­taines fron­tières, afin d’éviter des chan­ge­ments de loco­mo­tive aux fron­tières qui sont tou­jours des « rup­tures de charge » sup­plé­men­taires et qui sont donc péna­li­sants en termes de « com­pé­ti­ti­vi­té » du mode fer­ro­viaire, par rap­port à cer­tains « concur­rents » fer­ro­viaires et routiers.

La direc­tion s'engage

La direc­tion a insis­té sur le fait que l’entreprise n'est pas rache­tée, ni ven­due, ou quoi que ce soit d’autre : elle est sim­ple­ment rebap­ti­sée. Sur les consé­quences d’une telle opé­ra­tion pour les salariéEs, la direc­tion s’est donc enga­gée à plu­sieurs niveaux.

  • Cette déci­sion n’entraînera pas des cham­bou­le­ments dans l’entreprise, puisque ce n’est pas une opé­ra­tion juri­dique. Par consé­quent, il n'y aura aucune consé­quence sur les accords d'entreprise qui sont en vigueur dans l’entreprise. Autrement dit, il n’y aura aucune perte de salaire pour les salariéEs, la mutuelle sera conser­vée, de même que les ins­tances repré­sen­ta­tives du per­son­nel, etc. Absolument rien ne changera.
  • L’entreprise res­te­ra pré­sente et conti­nue­ra à se déve­lop­per sur son socle fran­çais consti­tué des acti­vi­tés RFN, ITE et Travaux. Aucune perte d’activité, et donc d’emplois, liée à ce changement.
  • Il n’y a aucun plan de restruc­tu­ra­tion der­rière ce chan­ge­ment de nom. Il ne faut pas s’imaginer un plan de bataille fai­sant que l’entreprise va com­plè­te­ment chan­ger, avec des sup­pres­sions d’emploi, etc. « Il n'y a aucune restruc­tu­ra­tion qui soit liée au chan­ge­ment de nom ou qui soit la consé­quence de ce chan­ge­ment de nom ».

Restons vigi­lants !

Chez SUD-Rail, on attend de voir. Autant cette nou­velle page de l’histoire de VFLI peut repré­sen­ter une oppor­tu­ni­té de voir les salaires, les condi­tions de tra­vail s’améliorer paral­lè­le­ment à un effec­tif qui, pro­gres­si­ve­ment, gran­di­ra pro­por­tion­nel­le­ment à des acti­vi­tés en hausse ; autant cer­tains indices nous laissent… septiques.

  • Une nou­velle aus­si sou­daine, pro­vo­quée par l’arrivée d’un nou­veau res­pon­sable à la tête de TFMM, montre que la direc­tion de VFLI ne contrôle pas du tout la situation.
  • Le contour­ne­ment total du CSE, que la direc­tion n’a ni consul­té en amont, ni infor­mé en aval, révèle non seule­ment qu’elle est prise de court, mais sur­tout qu’elle a bien l’intention de main­te­nir les salariéEs éloignéEs d’un pro­jet qui n’est pas du tout le leur.
  • Toute la stra­té­gie de CAPTRAIN est fon­dée sur les grands cor­ri­dors com­mer­ciaux où les marges de pro­fits sont plus grandes. Comment ne pas s’inquiéter de la dis­pa­ri­tion, à moyen ou long terme, des acti­vi­tés notam­ment ITE qui rap­portent moins, et de la sup­pres­sion des emplois concernés ?
  • Les traf­fics trans-nationaux vont prendre une part gran­dis­sante. Les CDL des dif­fé­rents CAPTRAIN seront ame­nés à pous­ser leurs mis­sions tou­jours plus loin dans les pays limi­trophes. Comment ne pas s’inquiéter d’un dum­ping social tirant touTEs les salariéEs vers le moins-disant ?
  • La direc­tion insiste sur le fait qu’il n’y a de chan­ge­ment que le nom et rien d’autre. Pourtant, dans la même annonce, on apprend que le pré­sident de VFLI quitte l’entreprise. Ce der­nier affirme qu’il s’agit d’une « coïn­ci­dence d'agenda », qu’il n'y a aucun lien entre cette déci­sion de chan­ger de nom et son départ. Peut-on vrai­ment le croire ?

SUD-Rail ne peut qu’inviter l’ensemble des salariéEs à res­ter vigilantEs sur le long terme, à s’organiser dès main­te­nant pour suivre de près les déci­sions stra­té­giques, éco­no­miques et sociales de CAPTRAIN France, et se tenir prêtEs à la mobi­li­sa­tion si néces­saire, pour défendre touTEs ensemble nos inté­rêts ! Faisons nous-mêmes de CAPTRAIN France une entre­prise de qualité !

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