13 janvier 2020
retraites : en grève du 14 au 16 janvier !
13 janvier 2020

Sommaire

1. Un pro­jet néfaste
2. Une régres­sion déjà connue
3. Un bra­quage organisé
4. Rejoignons le mouvement !

Comme pré­vu, le gou­ver­ne­ment recule d'un petit pas sur « l'âge pivot » à 64 ans : il retarde son entrée en vigueur de quelques années sans le reti­rer. La CFDT, l'UNSA et le MEDEF se réjouissent. Le pro­jet de réforme, qui consiste en la mise en place d'un sys­tème « uni­ver­sel » de retraites par points, demeure qua­si intact : il reste à l'agenda du Parlement pour une adop­tion pré­vue en avril prochain.

Un projet néfaste

Avec ce sys­tème « uni­ver­sel » de retraites par points, le gou­ver­ne­ment Macron veut d'une part bais­ser le mon­tant des pen­sions de retraite, et d'autre part impo­ser aux salariéEs de tra­vailler plus long­temps. Si l'idée d'universalité n'est pas mau­vaise en soi si tant est que des dis­po­si­tifs pré­servent la spé­ci­fi­ci­té de cer­tains sec­teurs sou­mis à des condi­tions de tra­vail plus dif­fi­ciles, elle sert pour le coup le gou­ver­ne­ment à tirer l'ensemble des pen­sions vers le bas au lieu de géné­ra­li­ser vers le haut. Comme le dit Fillon lui-même, favo­rable au sys­tème par points : « le sys­tème par points, en réa­li­té, ça per­met une chose qu'aucun homme poli­tique n'avoue, ça per­met de bais­ser chaque année la valeur des points, et donc de dimi­nuer le niveau des pen­sions ». Or nous ne vou­lons pas d'un sys­tème de retraites injuste et inéga­li­taire qui fera dimi­nuer le niveau des pen­sions tout en nous fai­sant tra­vailler plus long­temps ! Nous pour­sui­vrons le mou­ve­ment de résis­tance jusqu'au retrait du pro­jet ! 

Une régression déjà connue

En tant que salariéEs du sec­teur pri­vé, nous savons quelles sont les consé­quences d'un sys­tème de retraites par points, car nous sommes déjà sou­mis à l'Agirc-Arrco, un régime de retraites par points pour la retraite complémentaire.

  • Toute la car­rière est prise en compte, et non pas seule­ment les 25 meilleures années. Le salaire annuel moyen de réfé­rence, élé­ment de base pour le cal­cul de la pen­sion de retraite, est donc néces­sai­re­ment diminué.

  • Les ges­tion­naires du régime Agirc-Arrco ont inven­té ce qu'on appelle un « taux d'appel » qui per­met d'augmenter les coti­sa­tions sala­riales sans qu'il y ait droit en contre­par­tie à des points sup­plé­men­taires. Initialement de 100%, il est pas­sé de 125% à 127%. En clair, pour 127 euros coti­sés, il n'y a que 100 euros qui ouvrent droit à des points.

  • Les ges­tion­naires du régime peuvent arbi­trai­re­ment jouer sur la valeur des points. Ainsi, pour 2017, la valeur d'achat a été reva­lo­ri­sée de 3,4% ; mais pour 2018, seule­ment de 3,3%... Pour les salariéEs à salaire constant, le nombre de points baisse.

  • La créa­tion depuis 2019 d'un « malus » de 10% sur la pen­sion com­plé­men­taire Agirc-Arrco si nous déci­dons de par­tir dès que nous y avons droit, et ce pour une durée de 3 ans ou jusqu'à 67 ans maxi­mum. Le but est de nous obli­ger à tra­vailler plus long­temps pour tou­cher l'intégralité de notre retraite complémentaire.

Un braquage organisé

Depuis 1990, le taux de rem­pla­ce­ment – c'est-à-dire le rap­port entre la pen­sion de retraite per­çue et le der­nier salaire – des régimes Agirc-Arrco a chu­té de plus de 30%. Le pro­jet de Macron qui consiste à « uni­ver­sa­li­ser » ce régime par points – c'est-à-dire à en faire non seule­ment le régime géné­ral de base des retraites (et non plus seule­ment limi­té à la retraite com­plé­men­taire), mais aus­si à le géné­ra­li­ser à l'ensemble du monde du tra­vail – n'est rien d'autre qu'un bra­quage orga­ni­sé. ChacunE d'entre nous se fera voler plu­sieurs dizaines de mil­liers d'euros sur l'ensemble des années de retraite, à rai­son d'environ 300 à 400 euros par mois ! Pourtant, s'il faut main­te­nir à l'équilibre le régime actuel des retraites, de l'argent il n'y en a jamais eu autant. Il suf­fit de le prendre là où il est : dans les poches du patro­nat en aug­men­tant les coti­sa­tions patro­nales et dans celles des action­naires en dimi­nuant les divi­dendes. Ce n'est pas aux salariéEs de tou­jours payer plus !

Rejoignons le mouvement !

Les cheminotEs de la SNCF, les traminotEs de la RATP, les enseignantEs et d'autres sont mobiliséEs depuis le 5 décembre. Pour beau­coup, c'est plus d'un moins de grève sans être payéEs. Ces sec­teurs ne peuvent plus tenir seuls : il faut prendre le relais. Le sec­teur pri­vé doit deve­nir ce relais. C'est pour­quoi les 8 raf­fi­ne­ries du ter­ri­toire ont éle­vé le rap­port de force ces der­niers jours et envi­sagent de mettre les ins­tal­la­tions à l'arrêt total. Mais cela ne suf­fi­ra pas. Ne res­tons pas indif­fé­rent et pas­si­ve­ment com­plice du pro­jet néfaste du gou­ver­ne­ment, engageons-nous auprès des salariéEs mobiliséEs pour des retraites meilleures !

Qu'est-ce qui va dans notre inté­rêt ? Continuer le tra­vail pour gagner une cen­taine d'euros et lais­ser pas­ser cette réforme qui nous pri­ve­ra de dizaines de mil­liers d'euros ou arrê­ter tota­le­ment le tra­vail en per­dant une cen­taine d'euros pour obte­nir le retrait de la réforme et pré­ser­ver des dizaines de mil­liers d'euros ?

Dans le cadre des jour­nées natio­nales de grève et de mani­fes­ta­tions les 14, 15 et 16 jan­vier, appe­lées par l'intersyndicale des confé­dé­ra­tions natio­nales mobi­li­sées, SUD-Rail VFLI appelle l'ensemble des salariéEs de VFLI à se mettre en grève dès le lun­di 13 au soir jusqu'au 16 jan­vier et à par­ti­ci­per aux mani­fes­ta­tions locales des mar­di 14 et jeu­di 16 janvier.

 A notre tour d'être mobiliséEs !

 Pour plus d'infos, contactez-nous.

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Photo de Dylan Gillis sur Unsplash