20 décembre 2021
NAO 2022 : QUI L'EÛT CRU ?
20 décembre 2021
Sommaire

1. Ce qui a été obtenu

2. Pourquoi nous avons signé

3. Restons lucides et mobiliséEs

L’accord de NAO qui a été trou­vé ce 14 décembre chez Captrain France n’est pas ordi­naire. C’est l’un des meilleurs accords de l’histoire de l’entreprise qui pren­dra effet au 1er jan­vier 2022. Même si le contexte infla­tion­niste du pays atté­nue consi­dé­ra­ble­ment la por­tée de cet accord, le fait est qu’enfin la direc­tion a mon­tré par un geste fort qu’elle enten­dait SUD-Rail.

Ce qui a été obtenu

  • Une aug­men­ta­tion géné­rale de 2,7% des salaires bruts men­suels de base pour les salariéEs des groupes 1 à 5.
  • Augmentation des salaires bruts men­suels de base de 3% pour les OSS au seuil 1 et de 4,9% pour les OFI au seuil 1 :
Emploi Seuil 1 Seuil 2 : 1 an Seuil 3 : 2 ans Seuil 4 : 3 ans Seuil 5 : 6 ans Seuil 6 : 9 ans
Opérateur Ferroviaire Industrie 1668,37€ 1678,38€ 1688,45€ 1698,58€ 1729,34€ 1760,65€
Opérateur Sécurité au Sol 1770€ 1780,62€ 1791,30€ 1802,05€ 1834,68€ 1867,91€
  • Revalorisation de la grille des primes d’ancienneté pour les salariéEs des groupes 1 à 5 :

  • Prime excep­tion­nelle de pou­voir d’achat de 275 euros bruts.
  • Bonification de la prime MTP por­tée à 50 euros bruts par modi­fi­ca­tion tar­dive de plan­ning pour toute modi­fi­ca­tion por­tant sur une jour­née ini­tia­le­ment pré­vue en repos pério­dique en vue de la rem­pla­cer par une jour­née de ser­vice (si pré­ve­nu à moins de 48h de la jour­née modifiée).
  • Revalorisation de la prime AATTX à 10 euros bruts par jour­née de ser­vice com­pre­nant des mis­sions d’AATTX.
  • Les enve­loppes au titre du mérite sont recon­duites de sorte que :

* 0.25% de la masse sala­riale brute de 2021 sera ver­sé en primes excep­tion­nelles selon des cri­tères d’attribution (ini­tia­tive posi­tive, adap­ta­tion au besoin du client, per­for­mance dans la qua­li­té de ser­vice, volon­ta­riat pour mis­sion excep­tion­nelle) ; maxi­mum 3 primes par an par sala­rié ; mon­tant mini­mum 75 euros et maxi­mum 200 euros.

* 0.25% de la masse sala­riale brute de 2021 sera ver­sé en primes excep­tion­nelles pour l’engagement glo­bal sur l’année du sala­rié selon l’appréciation du supé­rieur hié­rar­chique ; ver­sée en décembre 2022.

  • Télétravail : condi­tions d’éligibilité réduites à un an d’ancienneté sur le poste + l’indemnité for­fai­taire men­suelle por­tée à 20 euros bruts.
  • Revalorisation de l’indemnité de repos jour­na­lier hors du domi­cile (indem­ni­té de « cou­chage ») à 48 euros.
  • Revalorisation du ticket res­tau­rant à 9,25 euros (part patro­nale = 5,55 euros ; part sala­riale = 3,70 euros).
  • Chèques vacances : 120 euros pour les agents de maî­trise et cadres et 130 euros pour les autres catégories.
  • Démarche avec l’AGEFIPH pour faci­li­ter l’insertion pro­fes­sion­nelle des travailleurs/euses handicapéEs.
  • Ouverture de négo­cia­tions au pre­mier semestre 2022 sur l’affichage et la dif­fu­sion des com­mu­ni­ca­tions syn­di­cales, sur l’égalité pro­fes­sion­nelle entre les femmes et les hommes et la qua­li­té de vie au tra­vail, et sur les clas­si­fi­ca­tions et rému­né­ra­tions minimales.

Pourquoi nous avons signé

  • Jusqu'à aujourd'hui, la plus grande aug­men­ta­tion géné­rale des salaires (AG) dans l'entreprise depuis qu'elle est habi­li­tée RFN, donc depuis 2007, était de 2,55% (à l'époque 3% pour les groupes A et B et 2,1% pour les groupes C et D, soit une moyenne de 2,55%). Cette AG record était inter­ve­nue en 2012, il y a 10 ans déjà. Depuis, les AG n’ont ces­sé de voler très bas. Par consé­quent, les 2,7% conclus dans cet accord NAO 2022 consti­tuent la plus grande AG de l'histoire de l'entreprise.
  • Avec l’entrée en vigueur anti­ci­pée de la nou­velle grille d’ancienneté, 34 des salariéEs des groupes 1 à 5 vont béné­fi­cier en réa­li­té dès le 1er jan­vier 2022 d’une aug­men­ta­tion de leur salaire brut men­suel de base de 5% en moyenne (au moins 3% ; au plus 12,5%). Du jamais vu dans l’entreprise.
  • Cet accord repré­sente une aug­men­ta­tion de la masse sala­riale totale de l'entreprise d’environ 3,65%, ce qui en fait, de ce point de vue-là, le second meilleur accord NAO de l'histoire de l'entreprise après celui de 2009 (plus de 4%), et assez loin devant celui de 2012 (3,15%) ; ce qui confirme qu'on se situe sur un accord de très haut niveau, rela­ti­ve­ment à l'histoire de cette entreprise.
  • SUD-Rail avait pré­ve­nu : nous reven­di­quions un geste fort de la part de la direc­tion, au mini­mum une AG his­to­rique ; à défaut, pas de signa­ture. La direc­tion l’a enten­du, même s’il a fal­lu d’âpres négo­cia­tions. Ce mini­mum accep­table étant obte­nu, les adhérentEs de SUD-Rail Captrain sont restéEs fidèles à leur enga­ge­ment ini­tial en déci­dant, après consul­ta­tion, de signer.
  • Durant la négo­cia­tion, les trois orga­ni­sa­tions syn­di­cales (CGT, SUD-Rail, UNSA), pour­tant par­ties sur des bases très dif­fé­rentes, ont conver­gé pour faire front uni notam­ment sur les salaires de base. Cette uni­té a sans aucun doute contri­bué à obte­nir une AG his­to­rique : elle devait donc se concré­ti­ser jusqu’à la signa­ture. L’unité syn­di­cale dans la défense réelle des inté­rêts des salariéEs est et res­te­ra tou­jours un objec­tif pour SUD-Rail.
  • Depuis des années, SUD-Rail ne cesse d’insister sur le niveau insuf­fi­sant des salaires, sur la péni­bi­li­té extrême des condi­tions de tra­vail, sur les atteintes aux vies per­son­nelles, sur la désor­ga­ni­sa­tion de l’entreprise et sur le manque de recon­nais­sance envers l’ensemble des efforts four­nis coûte que coûte par les salariéEs. En accep­tant d’honorer la reven­di­ca­tion mini­male de SUD-Rail, la direc­tion a mon­tré qu’elle savait enfin entendre. Il était donc impor­tant de lui mon­trer que son geste fort et inédit va dans le bon sens, afin de l’encourager à pour­suivre dans le sens du déve­lop­pe­ment d’une entre­prise de qualité.

Restons lucides et mobilisé(E)s

  • Le niveau des accords NAO a tou­jours été par­ti­cu­liè­re­ment bas dans l’entreprise. Aboutir à l’un des meilleurs accords NAO de l’histoire de l’entreprise ne signi­fie donc pas for­cé­ment qu’il s’agisse d’un accord de haut niveau social du point de vue objec­tif du contexte poli­tique, éco­no­mique et social du pays ou même du sec­teur ferroviaire.
  • Cet accord reste très loin des 300 euros d’augmentation men­suelle reven­di­qués par SUD-Rail, donc très loin d’un salaire juste dans l’entreprise. Même si le geste mini­mum atten­du a été obte­nu, il reste beau­coup à faire pour construire une entre­prise de bonne qua­li­té sociale. Seule l’implication d’un maxi­mum de salariéEs de l’entreprise pour­ra le faire entendre à la direc­tion et à l’actionnaire !
  • Un cer­tain nombre de primes recon­duites ou reva­lo­ri­sées dans cet accord, à la demande des autres orga­ni­sa­tions syn­di­cales ou impo­sées par la direc­tion, ont for­cé­ment empê­ché d’augmenter davan­tage les salaires de base.
  • Même si la nou­velle grille d’ancienneté repré­sente une avan­cée signi­fi­ca­tive et inédite pour les salaires de base des salariéEs de l’entreprise, il ne s’agit en réa­li­té que d’une anti­ci­pa­tion de 6 mois de la trans­po­si­tion au sein de l’entreprise du nou­vel accord de branche « Classifications et rému­né­ra­tions » qui vient d’être signé. Toujours est-il que cela per­met­tra aux salariéEs de Captrain France de mieux tra­ver­ser la crise infla­tion­niste des pro­chains mois, par rap­port à la majo­ri­té des salariéEs du pays.
  • Enfin, la « fête » est en effet gâchée par les taux d'inflation actuels qui secouent le pays et l’économie mon­diale. Ces taux d’inflation éle­vés réduisent consi­dé­ra­ble­ment la por­tée de cette aug­men­ta­tion de la masse sala­riale et des salaires de base, puisqu’ils réduisent signi­fi­ca­ti­ve­ment le « pou­voir de vivre » des salariéEs. Certes, la direc­tion n’est pas res­pon­sable de la mau­vaise ges­tion de la pan­dé­mie par les diri­geants du pays ou de l’insatiabilité des pro­duc­teurs pétro­liers des Etats-Unis ou d’Arabie Saoudite (l’entreprise en fait les frais éga­le­ment), mais elle aurait dû convaincre sans relâche l’actionnaire de mettre les moyens adap­tés à cette situa­tion particulière.

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