Le vase se remplit...
30 mars 2022
Sommaire

1. La direc­tion défend ses intérêts

2. A nous de défendre nos inté­rêts !

SUD-Rail est de plus en plus sol­li­ci­tée par tou­jours plus de salariéEs de l’entreprise, de toutes les régions. Partout, le même constat : les condi­tions de tra­vail conti­nuent de se dégra­der, les effec­tifs sont insuf­fi­sants, les salaires ne sont tou­jours pas à la hau­teur du tra­vail four­ni. Constater, faire remon­ter, aler­ter, c’est essen­tiel. Mais chacunE doit désor­mais prendre conscience qu’il faut s’organiser pour agir.

La direc­tion défend ses intérêts

Oui, la direc­tion est res­pon­sable des démis­sions qui n’en finissent plus.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable des salaires trop bas.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du manque d’effectifs.

Oui, la direc­tion impose tou­jours plus de tâches non pré­vues au contrat de tra­vail ou dans la fiche de poste.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du non-respect récur­rent des règles RH.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable des modi­fi­ca­tions tar­dives per­ma­nentes des heures de tra­vail et/ou des calen­driers de travail.

Oui, l’employeur « gri­gnote » sys­té­ma­ti­que­ment du temps de tra­vail sur les pro­gram­ma­tions par rap­port à la réa­li­té du terrain.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du fait que les rou­le­ments sont sou­vent inappliqués.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du fait que les salariéEs ne béné­fi­cient pas du nombre de repos pério­diques annuels mini­mum obligatoires.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du fait que des salariéEs ne béné­fi­cient pas libre­ment de leurs congés annuels.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable de la mau­vaise qua­li­té des outils de tra­vail, notam­ment des engins moteurs.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable quand elle décide de faire cir­cu­ler des trains sans garan­tie de sécu­ri­té pour des per­sonnes (par exemple, pré­sence de per­sonnes migrantes sur ou dans la rame).

Oui, la direc­tion est res­pon­sable d’un cer­tain nombre d’incidents dus à la fatigue, d’arrêts mala­die (en fait des acci­dents du tra­vail), de dépres­sions et autres burn-out.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du non-respect d’accords d’entreprise, par exemple sur le CET, les primes « au mérite » ou les primes de parrainage.

Oui, la direc­tion inter­prète tou­jours, et par­fois faus­se­ment, les textes conven­tion­nels et légaux dans son propre intérêt.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable des « erreurs » récur­rentes sur les bul­le­tins de paie, presque tou­jours dans le sens de son intérêt.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable quand elle « oublie » sys­té­ma­ti­que­ment de ver­ser les primes de démar­rage ou de renou­vel­le­ment de contrat « client ».

Oui, la direc­tion est res­pon­sable des réponses hors délais ou non-réponses aux demandes de régu­la­ri­sa­tion ou d’accès au dos­sier professionnel.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable d’entraves régu­lières au fonc­tion­ne­ment des ins­tances de repré­sen­ta­tion du per­son­nel, tou­jours contre la délé­ga­tion SUD-Rail, la seule qui défend vrai­ment les inté­rêts des salariéEs.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable de la dété­rio­ra­tion de nos vies personnelles.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du fonc­tion­ne­ment par notes de frais qui porte atteinte à nos bud­gets personnels.

Oui, la direc­tion est res­pon­sable du non-respect récur­rent du droit à la déconnexion.

Oui, la direc­tion croit que notre vie entière doit être consa­crée à l’entreprise.

Oui, la direc­tion est trop peu recon­nais­sante des efforts sup­plé­men­taires four­nis par les salariéEs dans l’intérêt de l’entreprise, au détri­ment de leurs vies personnelles.

Oui, la direc­tion donne le sen­ti­ment que nous ne sommes que des numé­ros de matri­cule qui ne servent qu’à faire ren­trer de l’argent.

Oui, la direc­tion fait sys­té­ma­ti­que­ment por­ter la res­pon­sa­bi­li­té sur les salariéEs de ce qui pour­tant relève de sa propre responsabilité.

Etc., etc., etc.

Il n’y a dans toutes ces injus­tices et abus rien d’étonnant !

Nous vivons dans un sys­tème éco­no­mique et social capi­ta­liste, ce qui signi­fie que notre socié­té est fon­dée sur la pro­prié­té pri­vée lucra­tive des moyens de pro­duc­tion en vue d’accumuler des richesses par l’exploitation de la force de tra­vail d’autrui. Ici, des action­naires détiennent les parts sociales de l’entreprise et confient la ges­tion à une direc­tion, en vue d’en tirer des divi­dendes sur le béné­fice net réa­li­sé par l’exploitation de la force de tra­vail des salariéEs.

La direc­tion n’est même pas élue par ses salariéEs, mais nom­mée par les action­naires qui déter­minent la stra­té­gie de l’entreprise pour déga­ger une ren­ta­bi­li­té sur le court ou moyen terme.

Un tel sys­tème donne léga­le­ment tout pou­voir de domi­na­tion à l'employeur sur ses salariéEs pour atteindre cet objectif.

Dans un tel sys­tème auto­cra­tique et capi­ta­liste, il est par­fai­te­ment nor­mal que les action­naires et la direc­tion cherchent à aug­men­ter leurs pro­fits en aug­men­tant l’exploitation de la force de tra­vail des salariéEs. Pour ce faire, tous les moyens et oppor­tu­ni­tés (y com­pris injustes et abu­sifs) sont bons à prendre pour la direc­tion, si aucun rap­port de force suf­fi­sant des salariéEs ne s’y oppose.

Contraindre les salariéEs à faire plus, aug­men­ter la charge de tra­vail, le temps de tra­vail, donc la pro­duc­tion, syno­nyme de « gains », avec moins de moyens, moins de per­son­nel, syno­nymes de « coûts », donc faire des éco­no­mies, y com­pris au mépris des règles, est un cal­cul qui génère néces­sai­re­ment des marges de profits.

Ce fai­sant, la direc­tion ne fait rien d’autre que défendre ses inté­rêts et ceux des action­naires, dans un sys­tème qui est com­plè­te­ment façon­né pour cela.

Dès lors, une fois posé le constat de toutes ces injus­tices et abus dont sont res­pon­sables la direc­tion, le patro­nat, et la classe capi­ta­liste de manière géné­rale, plu­tôt que de s’indigner, la seule ques­tion qui tienne est la suivante :

QUE FAIT-ON ?

A nous de défendre nos inté­rêts !

Nous devons avant tout prendre conscience et assu­mer que nos inté­rêts de sala­riéEs subordonnéEs sont dia­mé­tra­le­ment oppo­sés à ceux de la direc­tion et des action­naires. Ils défendent leurs inté­rêts, à nous de défendre les nôtres !

Nos inté­rêts se trouvent dans le ren­ver­se­ment des rap­ports de pro­duc­tion, dans la fense dun autre sys­tème où la démo­cra­tie en entre­prise donne tout pou­voir aux sala­riéEs, où il n’y a pas d’employeur qui exploite la force de tra­vail d'autrui mais seule­ment des sala­riéEs co-pro­prié­taires d’usage des moyens de pro­duc­tion de l’entreprise et qui décident eux-mêmes des orien­ta­tions, les béné­fices nets ne sont pas acca­pa­rés par des action­naires mais réin­ves­tis en inté­gra­li­té dans les salaires et les moyens de pro­duc­tion. Cela sup­pose de récu­pé­rer la par­tie des pro­fits réa­li­sés grâce à notre seule force de tra­vail et qui pourtant nous échappent, et de mieux répar­tir la charge de tra­vail. En somme, notre inté­rêt est de travailler moins pour gagner plus, de mettre lentre­prise au ser­vice de lhumain.

Cette longue lutte his­to­rique ne se mène pas quau niveau inter­pro­fes­sion­nel. Elle se mène quo­ti­dien­ne­ment dans chaque entre­prise, y com­pris la nôtre, par des actions concrètes de toutes sortes, aus­si bien petites que grandes, aus­si bien immé­diates que longues, pour chaque litige, injus­tice ou abus vécu. Elle sup­pose avant tout de prendre nos affaires en main, de ne pas comp­ter sur les action­naires, la direc­tion... ni sur la « réunio­nite ».

Être informé, se for­mer, connaître ses droits et les faire valoir à chaque occa­sion, se ras­sem­bler, se coor­don­ner, être soli­daires, être nom­breux, pour agir touTEs et de manière effi­cace. Cest ain­si, par­tout et de tout temps, quont été conquis les droits des salariéEs et que se sont amé­liorés les salaires, les conditions de vie et de tra­vail.

Nous appe­lons touTEs les salariéEs de lentre­prise qui par­tagent nos valeurs, et qui ne lont pas encore fait, à rejoindre SUD-Rail, pour s’organiser ensemble et défendre nos inté­rêts indi­vi­duels et col­lec­tifs !

Il n’y a que la masse des salariéEs syndiquéEs, donc organiséEs, qui pour­ront, par le nombre, la déter­mi­na­tion et laction collec­tive, impo­ser l’amélioration des salaires et des condi­tions de tra­vail !

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